Signaux harmoniques et bruit dans les séries temporelles
Modèles harmoniques à phase aléatoire, spectres en raies et modèle réaliste signal + bruit
Dans de nombreux problèmes, le système physique qui génère les données impose une période fixe. La température moyenne (par exemple avec une saisonnalité annuelle), les signaux radio et télévision, certaines ondes sismiques ou encore les cardiogrammes en sont des exemples typiques. Dans ce contexte, un modèle harmonique (éventuellement perturbé par du bruit) constitue souvent une représentation naturelle des données.
1) Modèle harmonique à phase aléatoire (sans bruit additif)
Considérons le modèle
où Aj et fj sont des constantes, et où les phases Uj sont des variables aléatoires indépendantes distribuées selon Uniform(0, 2π).
2) Cas m = 1 (une seule fréquence)
Soit
On peut montrer que
Var(Yt) = A² / 2
La fonction d'autocovariance est
Par conséquent, la fonction d'autocorrélation (ACF) est
3) Densité spectrale : pourquoi obtient-on des « raies »
La densité spectrale est la transformée de Fourier de l'autocovariance :
Pour un sinus pur à phase aléatoire, le spectre consiste en deux pics aux fréquences harmoniques :
4) Cas général (m fréquences)
Pour
la fonction d'autocorrélation devient une somme pondérée de cosinus :
et le spectre est une somme de raies :
5) Modèle signal + bruit (plus réaliste)
Les observations réelles sont rarement parfaitement harmoniques. Un modèle plus réaliste est
où Ht est la composante harmonique et Nt un processus de bruit stationnaire (souvent modélisé par un ARMA).
Pour une seule fréquence :
Alors
et la densité spectrale se décompose :
6) Exemple et lien avec les modèles ARMA
Considérons
Il s'agit d'un signal de période 12 (saisonnalité mensuelle) perturbé par du bruit. Un exercice intéressant consiste à approximer ce processus « signal + bruit » par un modèle ARMA(2,2). Les modèles ARMA peuvent reproduire des structures oscillatoires similaires dans l'autocorrélation, ce qui en fait une approximation pratique lorsque l'on ne modélise pas explicitement la composante sinusoïdale.
Références
- Applied Time Series Analysis